ÉLECTIONS EUROPÉENNES : Prenons l’Europe en main !

« À partir du 23 mai 2019 en Europe, suivant les traditions électorales et le 26 mai, en France, je vote et fais voter aux élections européennes à un seul tour. Je ne laisse à personne d’autres le pouvoir de décider pour moi »

Les Peuples de tous les Etats membres de l’Union vont activement participer au renouvellement du Parlement européen.
Comme pour tout scrutin, si le vote n’est pas obligatoire en France, il reste toutefois un devoir…
Ce scrutin, se déroulera selon la tradition électorale de chaque pays, du 23 au 26 mai 2019. En France, c’est le dimanche 26 que les 45 millions environ d’électeurs  seront appelés aux urnes.
L’élection des Députés européens au suffrage universel a lieu depuis 1979 tous les 5 ans via un scrutin de liste à la proportionnelle et à un seul tour !  La première présidente du Parlement européen élu au suffrage universel a été Me Simone Veil
Dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, les chefs d’Etats et/ou de gouvernements se sont mis d’accord: L’échéance ultime pour le retrait des britanniques de la famille européenne a été fixée au 31 octobre prochain au plus tard, mais le retrait des britanniques  peut se faire à tous moments si les conditions sont réunies, y compris avant le 22 mai ce qui éviterait aux Anglais de voter pour le renouvellement du Parlement européen…ce qui n’a pas beaucoup de sens vu le contexte. L’absence de nos amis d’outre-manche a pour conséquence la réduction du nombre de Parlementaires qui passe de 751 à 705. Parallèlement un rééquilibrage du nombre de Députés par pays a été réalisé qui permet aux pays qui étaient démographiquement sous représentés, c’était le cas de la France, de se voir allouer des sièges supplémentaires. Le nombre de Député européens français passera donc de 74 à 79.
A l’issue de ces élections, les Parlementaires nouvellement élus devront « rejoindre » un groupe politique. Il y a actuellement 8 groupes différents au Parlement européen. Selon la « force en nombre » de chacun et les alliances qui se forment, une majorité se composera pour assurer l’exécutif du Parlement européen.
Enfin, les nouveaux députés européens devront s’inscrire dans des commissions. Au nombre de 20, elles couvrent l’ensemble des champs de compétences du Parlement. Chacun les choisit en fonction de ses compétences et de son appétence pour tel ou tel domaine ou sujet. 
Retrouvez la liste des groupes ainsi que celle des commissions sur le site www.europarl.europa.eu
Jean-Pierre Bobichon, Conseiller auprès de l’Institut Jacques Delors

A un mois des élections européennes, trouvez ci-dessous l’interview de Jean Pierre BOBICHON, Conseiller de Jacques Delors, ancien Président de la Commission européenne de 1985 à 1995 et fondateur de l’institut « Notre Europe – Institut Jacques Delors » www.institutdelors.eu.

Quelles sont les compétences du Parlement Européen ?

Jean-Pierre Bobichon :
Le Parlement Européen a un rôle majeur dans le processus de décisions de l’Union Européenne ; il est l’une des composantes du « triangle institutionnel » de l’Union Européenne avec la Commission Européenne, qui dispose du pouvoir d’initiative, et le Conseil Européen qui, de nature intergouvernemental, a un pouvoir décisionnaire. Le Parlement vote et amende les textes proposés par la Commission. Il est compétent dans un certain nombre de domaines comme les Affaires Etrangères, l’agriculture, la pêche…
Il négocie le budget de l’Union Européenne.
L’avis du Parlement Européen est aussi pris en compte dans une cinquantaine de domaines où il n’est pas décisionnaire comme le droit à la concurrence, la fiscalité, certains aspects de la politique sociale. Il peut opposer son veto dans 16 domaines tels l’adhésion d’un nouvel État comme membre de l’Union ou la signature de traités internationaux.
Par ailleurs lorsque les citoyens de l’Union exercent leur droit de pétition ils adressent celles-ci au Président du Parlement Européen.
Les députés européens disposent donc d’un pouvoir législatif non négligeable. Ils possèdent également d’un pouvoir de contrôle : ils peuvent censurer la Commission qui doit alors présenter sa démission ou destituer un Commissaire.
Le Parlement Européen a aussi le pouvoir de présenter des recours devant la Cour de Justice de l’Union européenne en cas de litiges sur l’interprétation d’un Traité 
Enfin il convient d’indiquer – en vertu du Traité de Lisbonne (2009) – que le Président de la future Commission européenne doit être choisi en tenant compte des résultats des élections De ce fait, en participant au renouvellement du Parlement européen vous déterminez indirectement le choix politique de la future Présidence de la Commission européenne, issu du groupe politique le plus important en nombre

Quels sont les enjeux des élections du 26 mai prochain ?

Jean-Pierre Bobichon :
Les enjeux de ces élections sont multiples, mais pour l’essentiel on peut les résumer à la démocratie comme priorité et à la réaffirmation des valeurs européennes.
L’enjeu primordial est donc d’abord celui de la participation à ces élections. En effet, la critique à l’égard de l’Europe, de « Bruxelles » est un jeu facile mais la participation reste notoirement insuffisante : 39,3% d’abstentions aux élections de 1979, 59,4% à celles de 2009 (taux record d’abstentions),56,5% à celle de 2014. C’est très, très insuffisant pour légitimer réellement les représentants élus au Parlement Européen.
Ensuite, le respect de ses valeurs et de sa qualification d’Etat de droit. Ce dernier malheureusement bousculé par plusieurs pays européens comme la Hongrie et la Pologne où le principe électoral se combine avec la mise en cause de l’indépendance de la justice, par le contrôle des médias et le refus des corps intermédiaires.
À ces pays s’ajoutent ceux qui sont pénétrés par des pratiques de corruption comme la Roumanie ou Malte. De fait, si l’Union Européenne ne se résume pas à un marché unique, elle doit affirmer beaucoup plus fermement ses valeurs qui doivent être partagées et pratiquées par tous au regard des traités, y compris avec des possibles sanctions, via l’accès ou pas aux fonds structurels européens.

Certains pays remettraient en cause les valeurs européennes et n’appliqueraient donc pas les décisions prises à Bruxelles et/ou votées à Strasbourg ?

Jean-Pierre Bobichon :
Absolument… Prenez par exemple la question des migrants. Certains gouvernements, principalement d’extrême droite, utilisent sans scrupule cette question pour dresser des murs au lieu de bâtir des ponts, refuser l’accès de bateaux humanitaires dans leurs ports, écarter la répartition des migrants avec comme but ultime un repli nationaliste étriqué.
N’oublions pas que ces migrants ne viennent pas de nulle part.Ils sont issus de pays en guerre et/ou de pays où il n’y a pas d’espoir d’amélioration de leur situation quotidienne.
Certes les solutions, bien que multiples, sont complexes. L’accueil (formation, logement), la solidarité entre pays membres, l’aide au développement, la recherche de méthodes puis de solutions au règlement des conflits…, tout cela ne peut se faire en un jour. Ça nécessite du temps et dans tous les cas, la voie à emprunter ne se situe, ni dans le repli ni dans l’agressivité !

A vous écouter, le sort des migrants sera donc l’un des enjeux majeurs de cette élection. Avez-vous des chiffres à nos communiquer dans ce domaine ?

Jean-Pierre Bobichon :
Oui malheureusement ! Et pourtant, comme le révèle les statistiques d’Eurostat ou les données de l’OIM (l’organisme des nations unies en charge des migrations), à l’inverse de ce qu’affirment fallacieusement les extrémistes, le phénomène des migrations s’est dernièrement beaucoup ralenti : entre le 1er janvier et le 24 juin 2018 42.845 migrants sont arrivés par la Méditerranée c’est deux fois moins qu’en 2017 à la même période, ils étaient 363.504 en 2016 et plus d’un million en 2015. Si l’action de la Commission n’est pas parfaite, elle est loin d’être négligeable.
Alors, même s’il ne doit pas être considéré comme un référendum pour ou contre l’accueil des migrants, les élections pour le renouvellement du Parlement Européen vont être l’occasion d’aborder des thèmes comme les valeurs humanistes de l’Europe, les solidarités, l’Europe des citoyens…

Sans parler de pronostics sur son résultat, quels espoirs à travers ce scrutin ?

Jean-Pierre Bobichon :
La dimension européenne dans ce monde en pleine mutation, est un gage de paix à préserver, car jamais acquise définitivement. Paix militaire puisque pour la première fois dans l’Histoire, les Etats membres de ce qui constitue l’Union européenne  n’ont pas connu de conflit, entre eux,  depuis 75 ans !
Paix, stabilité financière et économique car pour faire face à la puissance économique redoutables des États-Unis d’Amérique ainsi qu’à celles de ceux que l’on appelle les « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine), l’Union des pays de notre vieux continent est de très loin préférable à l’isolement. Les Britanniques, qui ont choisi la voie du Brexit risquent d’ailleurs de s’en apercevoir très rapidement Mon souhait principal est donc de voir se poursuivre la construction européenne en l’adaptant aux défis de notre nouveau monde, en y impliquant les plus de 508 millions de femmes et d’hommes membres de l’Union européenne « Unis dans la diversité »

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