Mois : octobre 2020

Une relance verte, connectée et juste

Le changement climatique et la digitalisation sont les deux grandes tendances structurelles des prochaines décennies qui auront des effets importants sur les modèles économiques, les formes du travail et les modes de vie avec 2 visions du futur, une évolution radicale en s’adaptant et en innovant pour rester compétitif ou une révolution par un changement de paradigme en repensant les fondamentaux de la société.

Evolution radicale ou révolution ?

Les transitions écologiques ont un but mais elles ne connaissent pas le chemin pour y parvenir, à l’inverse la transition numérique transforme le monde, elle ne sait pas dans quel but ! Ainsi la digitalisation menacerait de 10 à 47% des emplois selon certaines études, mais la modernisation de la protection sociale permettrait de l’adapter aux nouveaux parcours professionnels. Dans le cas d’un changement de paradigme, le modèle économique de décroissance doit trouver un nouveau système de distribution comme le revenu universel. La transition écologique devient un impératif, même si elle est moins visible que la transformation digitale. Dans les 2 cas il y a rupture donc une nécessaire transition, c’est pourquoi l’éducation et la formation tout au long de la vie sont le meilleur moyen de se préparer aux changements à venir.

Les différences difficilement conciliables

Pour la digitalisation le monde est global et en réseau, l’échelle est plus locale pour l’environnement avec des circuits courts et l’économie circulaire. Pour l’action politique et sociale quelle est l’échelle pertinente le local ou le global ?

Si l’écologie met l’accent sur la coopération, l’égalité et la justice, la priorité du digital est la compétition et l’innovation. Comment la coopération et la solidarité peuvent  s’exprimer dans un monde globalisé ? A l’aide de plateformes qui captent la valeur ajoutée, l’économie digitale précarise  la force de travail alors que le changement climatique est plus complexe car il demande de convaincre la population sur les choix en matière de transition qui touchent à la production et à la consommation.

Allons-nous vers une économie digitale verte ?

La transition vers un capitalisme vert s’effectue rapidement, déjà les prix des énergies vertes sont compétitifs et entre la contrainte écologique et l’opportunité de gagner de l’argent, certains envisagent de redéfinir les bases d’un capitalisme vert vers un modèle plus collaboratif avec comme principal enjeu de sortir d’une économie prédatrice.  Déjà des actions se mettent en route comme le recyclage, les circuits courts, des nouveaux modes de gestion plus responsables et plus économes des ressources, portées par des mouvements sociaux et des ONG, des syndicats de salariés, des agriculteurs et même des entrepreneurs de PME, qui ont une vision « soutenable » avec plus de justice dans les relations commerciales (donneurs d’ordre – sous traitants).

Réduire les inégalités en sortant du capitalisme prédateur

Dans ces transformations à venir la question de la réduction des  inégalités est centrale  si nous voulons aller vers une société inclusive, où l’économie est un instrument et non une fin, où le travail vise l’épanouissement humain et où les risques sociaux et environnementaux sont pris en charge collectivement.

Résumé de la note de prospective « Concilier deux futurs » en novembre 2017 de Philippe POCHET, Directeur général de l’Institut syndical européen (ETUI). Proposé par Christian JUYAUX, Vice-Président de la Maison des Européens Lyon.

Lancement du nouvel Appel à projets FSE « égalité et mixité professionnelle entre femmes et hommes » sur le territoire rhônalpin pour la période 2020-2021

La promotion de la mixité et de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes est l’une des priorités de l’action du gouvernement. Depuis 30 ans, des nombreuses lois en France ont fixé le cadre de l’égalité professionnelle dont la dernière loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018, dite loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.  

L’article 104 de cette loi Avenir professionnel impose aux employeurs, quel que soit l’effectif de l’entreprise, d’avoir un objectif de suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Il y a donc passage d’une obligation de moyens à une obligation de résultats en matière d’égalité salariale entre les femmes et les hommes en créant, dès 2019 pour les entreprises de plus de 250 salariés et dès 2020 pour celles d’au moins 50 salariés, une obligation de transparence sur les écarts de rémunération identifiés. Ainsi, les entreprises d’au moins 50 salariés doivent publier au plus tard le 1er mars de l’année en cours au titre de l’année précédente, un index de l’égalité femmes hommes comportant des indicateurs relatifs à la fois aux écarts de rémunération et aux actions mises en application dans l’entreprise pour les supprimer. L’objectif est de mettre fin à tout écart de salaires injustifié en 3 ans en consacrant, si nécessaire, des enveloppes de rattrapage salarial dans les entreprises où subsisteraient de tels écarts de rémunération. Cette volonté se traduit dès 2019 par de nouvelles obligations mises à la charge des entreprises assorties de pénalités en cas de manquement.

Pour vous permettre d’accompagner les entreprises dans la mise en application de leurs nouvelles obligations issues de la loi  n° 2018-771 du 05/09/2018, le service du Fonds Social Européen de Lyon lance à partir du 15 octobre un Appel à projets (AAP) « promouvoir et favoriser l’égalité et la mixité professionnelle et égalité entre les femmes et les hommes », pour 2020-2021. Sont spécifiquement ciblées par cet AAP, des actions visant à promouvoir la mixité des métiers et l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, en faisant émerger des projets novateurs et emblématiques, notamment en direction des PME. Ces actions relèvent de la mesure 2.8.5.2 du PON FSE. Il peut s’agir  par exemple, de la formation et de l’accompagnement des acteurs internes de l’entreprise ou des branches, dont l’un des rôles est de négocier des accords relatifs à cette thématique. Ces actions peuvent être réalisées soit par le biais de vos propres intervenants soit en faisant appel à des prestataires pour accompagner les entreprises dans le respect des nouvelles obligations issues de la loi de 2018 susmentionnée.  Les types d’organismes bénéficiaires visés par cette mesure sont notamment les branches et fédérations professionnelles, syndicats de salariés, institutions représentatives du personnel, les OPCO, les entreprises, fédérations et syndicats patronaux, les chambres consulaires etc.

Par ailleurs, sont également visés des actions d’accompagnement vers l’emploi de femmes demandeuses d’emploi et inactives et permettant de soutenir les mobilités professionnelles. Il s’agira ainsi d’accompagner les femmes vers un champ plus diversifié de filières et de métiers, identifiés comme porteurs d’emploi ; de lutter contre les stéréotypes sexistes et d’encourager la mixité professionnelle. Ces actions relèvent de la mesure 1.8.1.1 du PON FSE.

Seuls des projets correspondant au périmètre d’intervention Rhône-Alpes et infra peuvent être soutenus. Les opérations peuvent se dérouler sur une période de 12 mois minimum, comprise entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021, sous réserve de respecter les règles relatives au présent AAP. Le taux de cofinancement du FSE, dans le cadre de cet appel à projets, est fixé à 55 % maximum des dépenses éligibles totales de l’opération concernant la  mesure 2.8.5.2 du PON et 60% concernant la mesure 1.81.1. du PON.  Le FSE interviendra en complément d’un ou plusieurs co-financeurs publics et/ou privés (externes ou autofinancement). Le montant FSE demandé doit être d’un montant minimum de 20 000 € par opération. 

Vous trouverez cet AAP sur le site internet de la DIRECCTE.

Nous vous invitons  également à contacter Mme Rossi Camille, Chargée de mission FSE et référente de l’AAP, qui assurera un appui conseil si vous souhaitez déposer un projet, au 04-72-68-29-32 ou par mail à l’adresse suivante : camille.rossi@direccte.gouv.fr.

OFFRES D’EMPLOI

Chargé de projet (H/F) en CDD (5 mois)

Le Centre d’information Europe Direct – Citoyens & Territoires Grand Est recherche actuellement un chargé de projet Europe en CDD à partir du 1er décembre 2020. La date limite de réception des candidatures est fixée au 28 octobre. Vous pouvez télécharger la fiche de mission ici.


Directeur-ice de la Maison de l’Europe Le Mans – Sarthe

La Maison de l’Europe Le Mans / Centre d’information Europe Direct recherche un nouveau directeur (H/F).

Quelques informations importantes à retenir :

Le dossier de candidature devra impérativement comporter :

  • Un CV
  • Une lettre de motivation détaillée nous aidant à comprendre pourquoi le.la candidat.e sera la meilleure personne pour diriger notre structure
  • Un exercice « cas pratique » dont l’énoncé se trouve dans l’offre d’emploi (ci-jointe)

Les candidatures sont à envoyer avant le le 13 novembre à l’adresse suivante : c.manceau@europe-en-sarthe.eu. Les entretiens auront lieu en présentiel, au Mans, la semaine du 23 au 27 novembre. Vous pouvez télécharger la fiche de poste ici.

La Suisse, des amis toujours européens

Le dimanche 28 septembre 2020 sera une date sans doute historique pour la Suisse et pour l’Union européenne aussi.

Par un vote (une « votation ») sans appel, nos amis suisses se sont prononcés par référendum, mode opératoire très fréquent chez eux, et très démocratique, contre une proposition du parti populiste UDC qui visait à limiter l’immigration des ressortissants de l’Union européenne. Le « non » a recueilli 61,7% des voix. Si le « oui » l’avait emporté, cela aurait sûrement remis en cause les négociations actuelles sur un accord-cadre entre la Confédération Helvétique et l’Union.

Depuis 1992, époque où nos amis suisses s’interrogeaient sur leur adhésion à l’UE, question refusée – toujours par référendum – à deux reprises, les relations entre la Suisse et l’UE ont fluctué, avec des hauts et des bas.

Mais en 1999, l’Accord sur la libre circulation des personnes fut signé avec l’UE, permettant aux Suisses de se déplacer librement dans toute l’Union (ils sont 400.000 à y résider), avec bien entendu la réciprocité pour les Européens en Suisse, qui sont 1.400.000 à y vivre, sans compter les 320.000 travailleurs transfrontaliers en Suisse, qui passent la frontière chaque jour. Et l’UDC souhaitait, par ce vote, résilier cet accord pour « maîtriser l’immigration » et « sauvegarder des emplois »… On l’a donc échappé belle, d’autant que si le oui était passé, cela aurait abouti, en cascade, à rendre caducs les accords sur le commerce, les transports et la recherche signés, eux, en 2002. Et ce en vertu d’une clause dite « guillotine ». Le calcul politique de ce parti politique était donc redoutable pour ne pas dire machiavélique. C’est la raison pour laquelle le gouvernement, le Parlement, les syndicats et tous les autres partis politiques se sont opposés fermement à cette initiative.

Depuis trente ans, la Suisse et l’Union ont passé des accords bilatéraux. Depuis quelques années, les deux parties tentent de les remplacer par un accord-cadre global. Il y a eu trop de hauts et de bas sur des sujets-clés comme Schengen, Erasmus+. L’UE souhaiterait signer aussi un accord institutionnel liant la Suisse aux décisions de la Cour de Justice. La directive relative aux droits des citoyens européens et les aides d’Etat sont en négociation difficile, également.

Ce vote historique marque aussi un coup d’arrêt à ce sujet très sensible en Suisse qu’est l’immigration. Car, en 2014, le mouvement de balancier fut inversé. Le parti UDC avait, déjà, pris une initiative visant à réintroduire des « quotas » de migrants, notamment européens ! Et cette fois, cette initiative avait été votée. Toujours cette idée de « reprendre le contrôle sur l’immigration ». Mais l’immigration de travailleurs peut être profitable, aussi. La Suisse, « je t’aime, moi non plus ». Ce beau et paisible pays avait déjà écorné un peu Schengen et Erasmus+. Les Suisses ont, eux aussi hélas, leurs populistes ou nationalistes. Autant dire que les capitales européennes sont soulagées, depuis ce vote du 28 septembre.

Nos amis suisses restent européens. Ont-ils le choix d’ailleurs ? « Entourés » par quatre pays membres de l’UE, et non des moindres : France, Allemagne, Italie et Autriche ! Comment ne pas avoir un pied dans l’Europe ? Pour commercer, pour le tourisme, pour les transports, pour des enjeux environnementaux communs, aussi. Avec des normes européennes. Et chacun est gagnant, finalement. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Les Suisses sont pragmatiques, une qualité gage de succès.

Et puis, si le oui était passé, on aurait comparé un peu cela à un deuxième Brexit ! L’UE n’avait pas besoin de cela !

Plus que jamais, dans un monde en pleine mutation, en tension, en concurrence exacerbée, il nous faut, avec la Suisse, coopérer, échanger, développer des partenariats forts, mais dans un profond respect mutuel. Nous avons tout à y gagner, ensemble. Ce pays multiple est tellement charmant, et riche de toutes ses diversités, linguistiques, culturelles, géographiques , de ses performances économiques aussi. Nous devons rester des amis.

Alain MALEGARIE, Vice-Président de la Maison des Européens Lyon, membre du réseau des conférenciers #TeamEurope.
Le 1er octobre 2020
* Cet article n’engage que son auteur.

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